« Français !
Le Peuple a devancé la Chambre, qui hésitait. Pour sauver la Patrie en danger, il a demandé la République.
Il a mis ses représentants non au pouvoir, mais au péril.
La République a vaincu l’invasion en 1792, la République est proclamée.
La Révolution est faite au nom du droit, du salut public.
Citoyens, veillez sur la Cité qui vous est confiée ; demain vous serez, avec l’armée, les vengeurs de la Patrie !
Hôtel de ville de Paris, le 4 septembre 1870. »

Signé : Emmanuel Arago, Crémieux, Dorian, Jules Favre, Jules Ferry, Guyot-Montpayroux, Léon Gambetta, Garnier-Pagès, Magnin, Ordinaire, Tachard, Pelletan, E. Picard, Jules Simon.

Le 4 septembre 1870, Léon Gambetta proclame la République, sur le balcon de l’Hôtel de ville de Paris, devant une foule considérable.

Le même jour, vers 15 heures, Gambetta annonce:
 » Citoyens, attendu que tout le temps nécessaire a été donné à la représentation nationale pour prononcer la déchéance ; attendu que nous sommes et que nous constituons le pouvoir régulier issu du suffrage universel libre, nous déclarons que Louis-Napoléon Bonaparte et sa dynastie ont à jamais cessé de régner sur la France. »

De par la volonté populaire et des députés républicains, la Troisième République s’imposait pacifiquement.

Elle vécut jusqu’en juillet 1940, date à laquelle l’État Français de Philippe Pétain la fera disparaitre.
Il n’est pas inutile de rappeler que les parlementaires réunis à Vichy le 10 juillet 1940, ont voté, par 569 voix contre 80, pour confier au Président du Conseil, Philippe Pétain, l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Et donc, les parlementaires ne lui ont absolument pas confié les pleins pouvoirs, comme cela est encore affirmé de nos jours.
Dans la réalité, P. Pétain et ses partisans ont supprimé purement et simplement la République pour la remplacer et mettre en place un pouvoir dictatorial, en collaborant activement avec les autorités d’occupation.

Il est vrai que pendant ses soixante dix ans d’existence, elle a dû faire face à bien des vicissitudes, depuis l’affaire Dreyfus jusqu’à la Première Guerre Mondiale en passant les scandales financiers et les velléités du général Boulanger.
Mais elle a réussi, malgré tous ses adversaires conservateurs et réactionnaires qui ont tout tenté pour la faire trébucher, elle a réussi à faire entrer la France dans la modernité. Modernité sociale, économique, sociétale, syndicale.

Pour conclure ce billet, Maurice Agulhon écrit dans son ouvrage « la République 1830 – 1932 », tome 1

(éditions Hachette 1990):
Être républicain, c’est d’abord se montrer partisan d’un pouvoir non personnel, non viager, non héréditaire, non arbitrairement défini. Série de négations qui se réduisent à deux refus concrets: ni monarchie, ni dictature. Au XIX ème siècle, ces deux refus revenaient à peu près au même.(…)
La monarchie française, qu’il s’agisse des royalismes « fusionnés » ou du bonapartisme d’après 1870 qu’un Rouher représente, s’étant ainsi caractérisée comme un pouvoir d’allure autoritaire et d’influence cléricale, la République est devenue le seul drapeau possible des partisans de la liberté et de la laïcité. »


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