La première partie de ce film est sortie sur les écrans français le 3 juin 2006. Réalisé par un metteur en scène français, Antonin BAUDRY, né en 1975, polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, ancien élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm et titulaire d’un DEA d’études cinématographiques.
Entre autre activité, il participe à la rédaction du discours que Dominique de Villepin a prononcé aux Nations Unies le 14 février 2003. Il écrit le scénario de la bande dessinée « Qui d’Orsay » et participe à l’écriture du film avec Bertrand Tavernier.
Si le démarrage de la première partie a été quelque peu hésitant, très vite, le bouche à oreille s’est répandu avec 2,6 millions de spectateurs. La seconde partie, seule, 1,6 million.
Pour ce film au budget de 75 millions d’euros, beaucoup de critiques avaient prédit un désastre, d’autant que le personnage incarnant le général – d’origine arménienne, vous pensez!!! – à priori, n’avait rien de ressemblant, sans compter qu’à part un ou deux, la grande majorité des acteurs était totalement inconnue.
Sauf que ce film est toujours projeté, dans les grandes salles comme dans les plus modestes. Comme quoi, il importe de se faire sa propre opinion… C’est ce que l’on peut appeler un succès.
Aujourd’hui, il apparait que tout le monde ou presque aime Charles de Gaulle. Même les héritiers politiques de ceux qui ont tenté de le tuer à plusieurs reprises. Certains de ses membres d’ailleurs portent une discrète petite croix de Lorraine sur leur veste. Et les plus hautes personnalités de ce parti vont en pèlerinage à Colombey les Deux Églises et déposent une gerbe sur la tombe du général.
Pourquoi pas, me dira-t-on, mieux vaut tard que jamais. Pour autant, ces mêmes personnages n’ont jamais, mais alors jamais, condamné les tentatives d’assassinat que leurs anciens avaient organisées contre cet homme qu’ils et elles disent aujourd’hui respecté et admiré!!!
Mme Marine Le Pen déclarait il n’y a pas si longtemps: « « Il serait urgent au pays de s’inspirer de l’homme et de sa vision. »
Cela posé, si l’extrême droite s’est toujours opposé à de Gaulle, la gauche et les syndicats n’ont jamais été en reste à ce sujet. Mais leur opposition, pour rude qu’elle ait été, n’est jamais sorti des principes républicains. Dans une Démocratie, c’est la règle absolue.
En 1990, pour l’anniversaire du centenaire de sa naissance, le Président Mitterrand fait inscrire l’appel du 18 juin 1940 à l’Arc de Triomphe. Venant d’un homme qui n’a jamais épargné de Gaulle dans ses écrits et ses actes politiques, il y a quelque chose comme une sorte de reconnaissance à défaut d’un ralliement.
François Hollande, Président socialiste de la République déclarait le 18 juin 2025 à Brive: « Cet appel nous fait comprendre que ce qui s’est produit il y a 85 ans, ce n’était pas qu’une guerre. C’est un message qui résonne aujourd’hui. Le message du Général de Gaulle, c’est que rien n’est fatal, défini, irréversible. Même dans la nuit la plus sombre, quand les valeurs que nous portons semblent vaciller, il y a une lumière, un chemin, un espoir. »
Jean-Luc Mélenchon, patron de la France insoumise: « Le de Gaulle de la seconde guerre mondiale, s’est comporté comme un insoumis. »
La droite, celle que l’on appelait à une époque droite républicaine, se réclame encore du gaullisme, même si ce gaullisme n’a plus à voir avec l’original et pas plus celui de J. Chirac.
Une partie de la classe politique opposée à la politique du général de Gaulle quand il était au pouvoir ne devient ni gaulliste ni gaullienne. Mais elle reconnait plus l’homme, son patriotisme, sa rigueur, sa volonté et son rapport à l’État.
Des historiens et des journalistes n’hésitent pas affirmer que cette classe politique est, sans le dire vraiment, à la recherche de « l’homme providentiel », celui qui sortira le pays de l’immobilisme et lui évitera de sombrer dans l’inconnu des extrêmes.
Jean Garrigues dans un interview à la revue Études affirme: « L’homme providentiel apparaît dans un moment de crise, d’où son exceptionnalité. Il se présente en posture d’extériorité par rapport à un système politique qu’il entend bousculer au nom du peuple. »
Il précise cependant que tous les hommes providentiels étaient « plus ou moins liés à la sphère du pouvoir », que ce soit Gambetta, Clemenceau ou de Gaulle.
Bien évidemment, parmi les candidat(e)s, personne n’affirme être la personne providentielle, en tout cas à 8mois du premier tour de l’élection présidentielle. Mais quelques discours de certains candidats laissent entendre que, si il ou elle n’est pas élu(e), ce sera la catastrophe assurée…
C’est toujours la règle, dans une Démocratie réelle, où règnent les débats contradictoires.
Pour revenir au film qui met en scène Charles de Gaulle, résistant de la première heure et défenseur intransigeant de la souveraineté française et de la République, il me semble que cette oeuvre n’est pas une hagiographie qui place le général tout en haut de l’Olympe des héros nationaux.
Non, c’est l’histoire des cinq années qu’un homme a voué à son pays, en refusant la facilité et la fatalité d’obéir à des ordres contraires à l’idée qu’il se faisait non seulement de la France, mais aussi de la République.
« Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, une source d’ardeurs nouvelles«
Charles de Gaulle, « Mémoires de guerre, 3ème tome, le Salut »
Laisser un commentaire