Ils se nomment Thierry MARIANI, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Henri Guano et Luc Ferry.
Ils se réclament de la droite nationale, de la religion catholique, de la famille traditionnelle et d’un patriotisme étroit.
Dans un article du JD News, -dont le propriétaire est Vincent Boloré et le rédacteur en chef Geoffroy Lejeune – les cinq cavaliers jettent le masque et affirment que « Pourquoi la France doit renouer avec la Russie et stopper l’escalade vers la guerre ».
C’est clair, c’est net et sans bavures.
Dans d’autres publications, ils persistent et signent.
Ph. de Villers, en visite en Crimée, juste après son annexion par la Russie de V. Poutine, déclare: « L’Union européenne, elle, est « va-t-en-guerre » « avec en tête ses deux compagnons de route, ou plutôt de déroute : Ursula von der Leyen, l’Impératrice de la Norme, et Emmanuel Macron »
Le 27 août 2025, il affirme: «L’Europe a tout misé sur la victoire de l’Ukraine, or l’Ukraine va perdre, c’est inéluctable. »
Luc Ferry, lui affirme que : » Vladimir Poutine est un dictateur qui élimine ses opposants mais c’est un dictateur élu qui est soutenu par une grande partie de son peuple ».
Sur LCI, 5 juillet 2025 « La Russie a gagné la guerre, c’est tout. […J Je pense que c’est l’Ukraine qui a déclenché cette guerre avec le Donbass.»
Henri Guano ne fait pas dans la nuance: il craint une escalade qui « va bon train avec les missiles ukrainiens qui tombent sur Saint-Pétersbourg. On dira que ce sont les Russes qui ont commencé. Mais la guerre, a fortiori contre une superpuissance nucléaire, n’est pas une querelle d’enfants dans une cour de récréation. »
En septembre 2022: «Vladimir Poutine ne peut pas perdre cette guerre.»
N. Dupont-Aignan n’hésite pas: «Je sais que ce discours ne passe pas pour l’instant, mais je le tiendrai jusqu’au bout parce que c’est l’intérêt de la France de reprendre une relation» avec Moscou. (…) «Les torts sont partagés» concernant cette guerre,
Ces discours et leurs auteurs se prononcent sans hésitation, sans nuances pour la Russie et l’agression qu’elle mène contre l’Ukraine.
Mis à part Mr Mélanchon à gauche qui, en 2014 lors de l’annexion de a Crimée, affirmait que cette presqu’ile appartenait légitiment à la Russie: « « Les ports de Crimée sont vitaux pour la sécurité de la Russie, il est absolument prévisible que les Russes ne se laisseront pas faire, ils sont en train de prendre des mesures de protection contre un pouvoir putschiste aventurier, dans lequel les néonazis ont une influence tout à fait détestable. Nous Français, n’avons rien à faire dans une histoire pareille, nous n’avons rien à faire à encourager les provocations contre les Russes, cela dit sans sympathie pour le gouvernement russe » (Jean-Luc Mélenchon, samedi 1er mars)
ET dans cette affaire des cinq cavaliers de V. Poutine, nous sommes en plein dedans.
Revenons aux années 30, en Allemagne et en France.
30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier du Reich par le maréchal Hidenburg.
Le 2 mai 1933, dissolution et interdiction des syndicats.
Le 14 juillet 1933, toutes les formations politiques sont interdites au profit exclusif du parti nazi.
En 6 mois, la boucle est bouclée et l’Allemagne, pays de Hegel, Arendt, de Brahms, de Bach rentre dans la nuit d’une dictature sanglante.
Quelles sont les réactions de la société française en général, mais surtout, quelles sont celles de la droite et de l’extrême droite?
Charles Maurras, créateur de l’Action Française, déclare le 13 octobre 1935: «
« Ceux qui poussent à la guerre doivent avoir le cou coupé. Comme la guillotine n’est
pas à la disposition des bons citoyens, ni des citoyens logiques, il reste à dire à ces
derniers : « Vous avez quelque part un pistolet automatique, un revolver, ou même simple
couteau de cuisine ? Cette arme, quelle qu’elle soit, devra servir contre les assassins de la paix dont vous avez la liste. » »
À Berlin, en mai 1933, Robert Brasillach assiste, avec un plaisir certain à l’autodafé organisé par Goebbels qui fait bruler des millions d’ouvrages. Nous pourrions même affirmer qu’il communie avec cet évènement criminel.
Les étendards à croix gammée, sous le soleil éclatant, claquent et brillent. Et voici venir les bataillons du travail (…] La messe du travail commence. – Etes-vous prêts à féconder la terre allemande? – Nous sommes prêts. Ils chantent, le tambour roule, on évoque les morts, l’âme du parti et de la nation est confondue, et enfin le maître achève de brasser cette foule énorme et d’en faire un seul être, et il parle. Quand le stade se vide avec lenteur de ses officiants et de ses spectateurs, nous avons commencé de comprendre ce qu’est l’Allemagne nouvelle» (p. 344).
Le 4 mai 1939, Marcel DÉAT, futur collaborateur avec les nazis, publie un article dans le journal « l’Oeuvre »: « faut-il mourir pour Dantzig? » Ville polonaise dont Hitler exigeait le rattachement à l’Allemagne. La France et l’Angleterre, alliées de la Pologne, s’opposaient à cette prétention.
Dans cet article, Déat écrivait: « les Nazis étaient depuis longtemps les maîtres de la ville où le malheureux représentant de la S.D.N. ne jouait plus qu’un rôle fantomatique. Dans ces conditions, le rattachement au Reich [de Dantzig] n’était qu’une formalité, assurément désagréable mais nullement catastrophique »
Pour revenir aux réactions des pro-Poutine, Thierry Mariani intervient régulièrement à la télévision Géorgienne, sur la chaine IMEDI, suspectée à raison d’être un relais efficace de la propagande du gouvernement russe.
Dans le méthode bien connue: « la meilleure défense, c’est encore l’attaque », Mr Mariani s’en prend à l’Europe: il déclare le 13 mars 2026: « L’Union européenne est devenue totalitaire. En fait, ils veulent interdire tous ceux qui n’ont pas exactement la même opinion qu’eux. » Et, plus loin: « Le rêve de l’Union européenne est de changer les gouvernements qui ne sont pas alignés sur la ligne de la commission de Madame von der Leyen.«
Philippe de Villiers est un admirateur inconditionnel de V. Poutine. Le 16 aout 2014, il déclarait au micro de RTL: « un vrai chef d’État, patriote, cherchant à restaurer les valeurs politiques, culturelles et morales de la grande Russie […]. Il est l’homme qui a fait sortir la Russie de l’ère communiste et qui lui rend sa grandeur […]. Il faudrait aujourd’hui en France un gars comme Poutine à la place de Hollande (…) « J’ai été frappé par le charisme de l’homme d’État, sa hauteur de vue, son attention pour les échanges culturels (…) Poutine ne poursuit pas une hégémonie russe mais une harmonie territoriale et diplomatique . »
Pour mémoire, l’annexion de la Crimée par la Russie date du 28 février 2014…
Le 13 avril 2025, Luc Ferry affirme sur LCI: « la Russie a gagné la guerre que l’Ukraine a commencé. (…) Je pense que c’est l’Ukraine qui a déclenché cette guerre avec la guerre du Donbass … Poutine, c’est pas Hitler ! … Il a pas encore tué 6 millions de juifs. Voilà. En revanche, les Ukrainiens étaient bien partis, hein !«
Le 4 janvier 2025, toujours sur LCI et alors que D. Trump n’est pas encore installé à la Maison Blanche et qu’il affirme tranquillement qu’il réglera la guerre entre l’Ukraine et la Russie en quelques jours, L. Ferry déclare: « je souhaite la fin de la Guerre en Ukraine et je compte beaucoup sur Donald Trump pour y arriver »
Sur Public Sénat le 13 mars 2024, N. Dupont-Aignan affirme que le règlement de la guerre entre L’Ukraine et la Russie aura lieu « quand l’OTAN, l’Europe occidentale et les Etats-Unis auront l’intelligence de retirer les bases qu’ils ont installées secrètement aux portes de la Russie, un statut de neutralité pour l’Ukraine et le respect des accords de Minsk ».
Le 28 février 2022, sur France 2, il déclare: Neutralité de l’Ukraine, désarmement total de l’Ukraine, retrait des troupes russes, statut d’autonomie pour le Donbass et reconnaissance de la Crimée comme zone russe, c’est la seule solution, et vous verrez qu’on y arrivera, parce qu’il n’y a pas d’autre solution »
Henri Guano, ex conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, déclare sur BFM-TV le 4 décembre 2025:
« Quand on désigne la Russie comme notre ennemie, il n’est pas anormal qu’elle devienne agressive »
« Je crains plus l’attitude de nos dirigeants que celle de Poutine. »
« Faire une guerre par procuration est la plus grande ignominie »
« En général les responsabilités de la guerre elles sont largement partagées »
Le 8 décembre 2023, pour la revue Le Dialogue », il affirme tranquillement: « L’idée même que l’Ukraine aurait pu l’emporter sur la Russie sur le plan militaire était erronée. L’idée d’une victoire totale sur la Russie était stupide ».
Le 10 mars 2025, sur C-News: « La Russie a le moyen de nous faire très mal » (…) « Non, on est dans la posture de celui qui nourrit l’escalade et en face c’est pareil, il faut l’arrêter. Nous sommes dans un état de vulnérabilité très grande. À la fois à cause de la puissance de la Russie, de l’état du monde et de nos sociétés«
Cette brève revue de presse sur les positions de ces personnalités de droite très favorables à V. Poutine et à sa politique d’agression, nous renvoie, de façon presque subliminale, aux réactions de certaines personnalités de droite vis à vis de la politique d’agression d’Hitler. Certes avec des différences, mais il y a malgré tout un net soutien à l’agresseur et à ses politiques.
Cela tient, entre autres, à une sorte de fascination qui ne dit pas son nom vis à vis des pouvoirs politiques autoritaires et conservateurs.
Aujourd’hui comme hier, les valeurs de l’Occident sont jugées décadentes par ces personnalités, que ce soit sur le plan des moeurs, sur le plan sociétal et même politique.
Elles sont en permanence à la recherche de l’homme politique -pas de la femme- qui apparait comme le sauveur d’une société en perdition.
Une personnalité « à poigne », qui saura remettre de l’ordre et de la morale; qui saura restaurer les » valeurs éternelles ».
V. Poutine est pour eux l’exemple à suivre: il a redonné sa fierté aux Russes. C’est ce qu’ils affirment haut et fort. Ils devraient se souvenir qu’Hitler affirmait avoir redonné leur fierté aux Allemands. Nous savons aujourd’hui ou cette fierté les a conduit!!!
Mais nos cavaliers de Poutine n’ont que faire de nos pudeurs démocratiques!
Laisser un commentaire