Vue de loin, « que la montagne est belle » chante quelqu’une que je connais bien et qui, bientôt, je n’en doute pas, regardera la caméra bien en face…
Vue de loin donc, la montagne est belle, mais elle l’est tout aussi belle de près. Et ce qui rajoute à sa beauté, c’est le silence. Un silence amical, bienveillant. presque intime.
Seuls, le sifflement affolé des marmottes, le bêlement du mouflon, le jappement du renard ou le glatissement de l’aigle en chasse, seuls ces appels déchirent la quiétude et la sérénité montagnardes.
En lisant mon journal ce matin, j’ai appris qu’il y avait foule pour arriver au sommet de l’Everest, 8849 mètres quand même.
Et donc, naïvement je pensais que tous les alpinistes qui tentaient cette aventure, certes recherchaient l’exploit, sur eux-même et aussi contre la nature, mais surtout étaient motivés par la découverte d’un monde tant hostile que mystérieux, en y mêlant un certain mysticisme, voire une certaine spiritualité.
Mais ce que m’apprend également mon journal, c’est que, pour rejoindre un premier camp de base à 2860 mètres, certains alpinistes, de plus en plus nombreux, prennent l’hélicoptère au départ de Katmandou. En une heure, ils sont sur place avec leurs matériels. Certains arrivent et ou repartent d’un camp de base situé à 4200 mètres.
Des drones « cargo » sont même utilisés pour certaines charges lourdes, au dépens des sherpas.
Heureusement, il reste encore beaucoup d’alpinistes qui refusent l’hélicoptère.
Mais, quid du silence? Quand on sait qu’à 7000 mètres d’altitude, les hélicoptères survolent la montagne, quasiment en permanence…
Oui, quid du silence?
Ce silence qui, petit à petit, perd du terrain. Et pas seulement dans l’Himalaya. Les bruits l’ont remplacé dans notre quotidien.
Les moteurs des véhicules, voitures, motos, camions ont envahi l’espace. Même dans les magasins où une musique agressive et inutile que personne n’écoute mais que chacun entend. Il parait que c’est indispensable. C’est du moins ce qu’affirment les spécialistes du marketing…
Il y a le silence que l’on recherche, un peu comme un oasis de paix.
Mais il y a aussi les bruits douloureux un peu partout dans le monde.
Mais, les concernant, il y a aussi le silence, ce silence qui fait de nous, individuellement, collectivement, des gens indifférents ou lâches, ou les deux à la fois.
Parce que nous ne voulons ni voir, ni parler, ni entendre
Comme les trois singes dit de la sagesse: celui de gauche ne veut pas parler, celui du milieu ne veut rien voir et celui de droite ne veut rien entendre.
Mais est-ce vraiment de la sagesse?
Ce matin, en lisant mon journal, j’ai appris que dans les plus hautes altitudes, dans le massif de l’Everest, le silence n’était plus la règle. « Monter jusqu’au toit du monde, écrit le journal, s’accomplit désormais dans un vacarme de rotors et de moteurs. »
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